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Mission du Carrefour Famillial des personnes handicapées

Créé en 1949, et géré par des personnes handicapées physiques et leurs proches, le Carrefour familial des personnes handicapées est un organisme de promotion et de défense individuelle et collective de droits.

Au cœur de la mission :

  • défendre la liberté de choix, l'autonomie et le droit à l'égalité des personnes handicapées
  • contrer la discrimination et faire échec aux préjugés
  • encourager les membres à participer à la vie citoyenne, culturelle, communautaire, et à devenir avec leurs pairs les défenseurs et les promoteurs de leur cause
  • sensibiliser la population et les décideurs aux droits et réalités des personnes en situation de handicap, à leurs besoins particuliers et à leurs aspirations.
Mission du Carrefour Famillial des personnes handicapées Québec, le 15 novembre 2016 La protectrice s'alarme, et nous donc !

Logo Protecteur du citoyen« J’en suis arrivée à croire que les compressions budgétaires cumulées ont été moins éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables. » La Protectrice du citoyen, Mme Raymonde St-Germain, n’a pas été tendre envers le gouvernement lors du dépôt de son rapport annuel en septembre dernier.

Mme St-Germain déplore la gestion déficiente de la réforme du réseau de la santé et des services sociaux du ministre Gaétan Barrette et conclut que « l’accès aux soins de santé, aux services sociaux et au soutien à domicile se transforme trop souvent en véritable parcours du combattant… » (Le Devoir, 29 septembre 2016). Toutes choses que les usagers des services et les organismes communautaires qui travaillent auprès des personnes handicapées savaient déjà.1

Entête Le DevoirToujours selon la Protectrice « le gouvernement a sous estimé l’impact des compressions budgétaires imposées à l’appareil d’état… » et constate que «  les délais déraisonnables dans la livraison des services publics peuvent entraîner dans certains cas des conséquences néfastes sur la vie des citoyens parmi les plus vulnérables ». (Le Devoir, 29 septembre 2016)

Ce n’est pas d’hier que la protectrice s’émeut des coupures de services, des délais d’attente pour recevoir des soins de santé, des services à domicile ou de réadaptation. Elle en avait prévenu le gouvernement en 2012, puis en 2015. Dans son dernier rapport, elle va un peu plus loin « la situation a atteint un point critique » écrit-elle2, invitant le gouvernement à se préoccuper davantage de l’impact de ses décisions budgétaires sur les services directs aux citoyens.

Réforme BaretteD’habitude, lorsqu’un premier ministre reçoit le rapport du bureau du Protecteur du citoyen, il l’accueille favorablement (sans beaucoup de conviction parfois, mais enfin…). Ce ne fut pas le cas pour M. Couillard qui a répondu aux critiques sévères formulées par Mme St-Germain en disant que « les discours sur les personnes vulnérables, les discours sur la solidarité avec des finances publiques déséquilibrées et un endettement chronique, ce n’est que du vent. » Pour la compassion, on repassera !

Les mesures d’austérité ont été efficaces. Efficaces au point où, cherchant à atteindre l’équilibre budgétaire, la province a abouti à un surplus budgétaire. Si l’objectif était l’équilibre, pourquoi couper jusqu’à inscrire un surplus de trois milliards de dollars? Avait-on perdu la maîtrise du ciseau ?

Un bien mauvais placement

La PresseC’est un euphémisme de dire que les gens ne font pas la file pour entrer en CHSLD, surtout pas par les temps qui courent. Il y a un moment que la bulle CHSLD milieu de vie a été crevée : résultat de l’effet combiné des campagnes de socio-financement pour le bain, des repas à 2,14 $, des couches remplies à ras bord, des activités anémiques, du manque de personnel… En fait, les personnes handicapées - pour ce que nous en savons - craignent le placement. D’autant plus qu’elles n’entrent pas en CHSLD pour y mourir. Elles y arrivent relativement jeunes, et souvent faute d’avoir accès à des services de soutien à domicile qui répondent à leurs besoins. Des services qui contribueraient « à préserver leur qualité de vie, en plus de diminuer les épisodes d’hospitalisation, d’éviter ou de retarder l’hébergement institutionnel ». (Le Protecteur du citoyen. Rapport annuel 2015-2016).

La protectrice évalue que le ministère de la Santé et des Services sociaux investit en moyenne quelque 5 000 $ par an pour une personne bénéficiant de soins ou de services de soutien à domicile, alors qu’il lui en coûte 80,000 $ pour un hébergement en CHSLD.

actualitéCalculette en main, elle soutient que, pour une même somme d’argent public investie annuellement pour un hébergement en CHSLD, une personne pourrait bénéficier d’un plan hebdomadaire de soutien à domicile de 28 heures, 66 heures ou 96 heures selon qu’elle reçoit ses services du CISSS ou d’un CIUSSS, d’une entreprise d’économie sociale ou via le Programme d’allocation directe.3

La Protectrice s’étonne, et nous avec elle, de ce que  « en dépit de données aussi éloquentes, la tendance consiste plutôt à réduire le nombre d’heures offertes. Pourtant, les multiples avantages du soutien à domicile ne sont plus à démontrer, tant sur le plan économique qu’au regard de la satisfaction des besoins des personnes en perte (ou en quête) d’autonomie ».

exemplaireLe cas le plus médiatisé dans le rapport de la Protectrice est sans aucun doute celui de cette femme atteinte de la sclérose en plaques qui, après avoir bénéficié depuis des années de 33 heures par semaine d’aide à domicile, voit ses heures réduites à 12 par son CISSS. Pour faire face aux coupes, la dame fait le choix (sic!) de dormir dans sa chaise (économie de temps pour les levers et les couchers). La raison donnée pour procéder à la réduction des services? Sa jeune fille vient d’avoir 18 ans et, du coup, elle est prête à être enrôlée dans l’armée de réserve du ministère de la Santé et des Services sociaux, dans l’unité de combat des proches aidants. La Protectrice intervient et gagne cinq heures supplémentaires par semaine. Ce qui est consternant, c’est que ce gain ridicule en regard des besoins de la personne (rappelons qu’il existe toujours un déficit de 15 heures/semaine) puisse être considéré comme une entente satisfaisante.

1 Pour vous en convaincre, il suffit de relire l’article "Carrefour : une nouvelle année, de nouveaux défis", paru dans l’édition de septembre du Capteur de rêves.

2 De mon point de vue, le point critique c’est tout juste avant le point de rupture, une coche plus bas et on se retrouve au point de non-retour, au démantèlement du réseau.

3 Le tarif horaire rattaché au soutien à domicile varie selon le type d’intervenants qui fournissent les services : • 55 $ : auxiliaires familiales des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS); • 23 $ : préposés d’entreprises d’économie sociale en aide à domicile; • 16 $ : employés engagés de gré à gré grâce au Programme d’allocation directe – chèque emploi-service.